René William Joseph Nolgrove, dit William Napoléon Grove ou simplement Grove, né le 5 juillet 1901 dans le 6e arrondissement de Paris et mort le 26 janvier 1975 à Cannes, est un dessinateur de presse et caricaturiste français, connu pour sa longue collaboration avec Le Canard enchaîné.
Son père, photograveur, a des origines britanniques, ce qui explique la consonance de ses prénom et nom. Doué en dessin, de caractère original et fantaisiste, il exerce d’abord divers emplois de bureau, mais fréquente assidument les milieux artistiques de Montparnasse. Son premier dessin est publié en 1919. Il abandonne alors son travail de bureaucrate pour se consacrer à la caricature. Il collabore à Marianne, à l’Œuvre, au Journal, au Rire,Carrefour, Franc Tireur et Le Parisien Libéré.
En 1923, il commence à travailler pour Le Canard enchaîné. Il signe alors ses dessins « W. N. Grove ». Le dessinateur du Canard Henri Monier ayant émis l’hypothèse, par plaisanterie, que ce N signifiait Napoléon, William Nolgrove adopte définitivement l’identité de William Napoléon Grove.
Il travaille également comme affichiste pour la Loterie nationale et pour le Crédit municipal. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier et reste dans un stalag près de Munich jusqu’en 1943 (1). Après la Seconde Guerre mondiale, excepté des contributions à l’hebdomadaire Action, il ne collabore plus qu’au Canard, où son trait simplifié à l’extrême est devenu célèbre.
Source: Wikipédia
(1) Les photos d’archives du photographe de presse Pierre ROUGHOL (1913-1974), rassemblées par Isabelle Roughol, contiennent un portrait de grande qualité de WN Grove « à la pipe ». Ils furent ensemble prisonniers au Stalag VII-A de Moosburg en Bavière, où Pierre Roughol demeura entre 1940 et 1942. Elles sont consultables sur le site d’Isabelle Roughol.
Dessinateur français, né à Bondoufle (S.-et-O.). Artiste nerveux, d’une fécondité presque incroyable. Doué d’une puissance de travail peu commune, son activité embrasse tous Ies domaines. Son œuvre est immense. Auteur de portraits pleins de fougue et de vérité. Citons ceux du Général Poillaüe de Saint-Mars, d’Irène Lebar et de IVI. Bloch-Dassau. Une légende controuvée, attribuée au philologue J.-P. Groussot, en fait le propagateur du roulement à billes dans les véhicules dénommés « diables ».
Source: Il n’est bon bec que de canard, Extrait de la Vie des Hommes Illustres, décembre 1954
Le Canard enchaîné a la réputation d’être un journal de rédacteurs, de plumes, « auquel collaborent des dessinateurs ». Et des dessinateurs, l’hebdomadaire satirique en vit passer de fameux pendant son existence. René William Joseph Nolgrove (1901-1975), dit William Napoléon Grove ou simplement Grove, fut l’un deux. Sa collaboration au Canard fut très longue: de 1923 à 1933 puis de 1944 jusqu’à sa mort. Dessinateur de grand talent, Grove simplifie son trait à l’extrême, pour ne conserver que l’essentiel et donner ainsi plus de force à sa caricature. De cette recherche naît une silhouette humaine très caractéristique. Marcel Aymé, qui admire le talent de ce « grand novateur », écrit, dans un article de la Pensée Française: « Vers 1935, la caricature prend un nouveau tournant avec Grove. Dans ses silhouettes simplifiées à l’extrême, le visage et le corps ne font qu’un et c’est sans doute l’un des ressorts de sa force comique que la forme humaine, si délibérément affranchie du modèle, demeure expressive et soit aisément différenciée. Le style de ses caricatures est très personnel et beaucoup plus que ne le donne à croire l’apparente facilité d’une simplification aussi radicale ». Picasso l’admirait aussi.
Dans le numéro 2831 du Canard enchaîné du 29 janvier 1975, Gabriel Macé, rédacteur en chef, lui rend hommage: « L’homme William-Napoléon Grove est mort, le 26 janvier. Ça veut dire que nous ne reverrons plus que dans nos rêvasseries sa silhouette fluette de dandy, avec ses casquettes étudiées et son strict parapluie noir (né de père irlandais, Grove avait gardé de ses origines britanniques un faible pour le « fashionable »). Ça veut dire que nous n’entendrons plus que dans nos songeries ses rires goguenards, ses réparties farfelues et ses « tsitt-tsitt-tsitt ! », par lesquels il annonçait la contradiction, qu’il avait facile, quand on le rencontrait, la nuit, au coin d’un bar qu’il honorait de ses ardoises. Et nous avons perdu, nous tous, un sacré bonhomme ».
SP