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Les plumes du Canard

André Sauger

1900 - 1973

Sa participation au Volatile : 1938 à 1973

André Sauger, également connu sous le pseudonyme Le Bouif, a commencé sa collaboration avec Le Canard enchaîné avant la Seconde Guerre mondiale, dans les années 1930. Il a également contribué après la guerre.
En 1955, il est devenu administrateur du journal, poursuivant son travail jusqu’à sa mort en 1973.
Durant sa carrière, il était également réputé pour son engagement dans la résistance pendant l’Occupation et son rôle de rédacteur en chef du journal Libération après la guerre.
L’article d’André Ribaud publié dans Le Canard enchaîné du 9 mai 1973 rend un hommage vibrant à André Sauger, décrit comme une figure emblématique du journal. Décédé après une longue maladie, Sauger est salué pour son courage stoïque et son extraordinaire parcours dans le journalisme.
André Sauger, doyen de la rédaction, avait rejoint Le Canard enchaîné avant la Seconde Guerre mondiale sous la direction de Maurice Maréchal. Il incarnait toute une époque du journal et la richesse de cinquante années de métier. Ribaud décrit un homme à l’élégance légendaire, comparable à Jules Berry, que l’équipe surnommait affectueusement « le dernier boulevardier » pour sa dégaine et son attachement au Paris de l’entre-deux-guerres. Il adorait les ambiances parisiennes et méprisait la campagne, affirmant : « Tu aimes ça, toi, la campagne ? » avec un humour cinglant.
Durant l’Occupation, Sauger s’était réfugié à Vichy, où il participa activement à la Résistance en rédigeant des numéros du Bulletin de la France combattante aux côtés de Georges Bidault. Arrêté par la police vichyste, il échappa de peu à la Gestapo. Bidault le considérait comme un allié « infatigable et précieux », bien que son style, marqué par l’esprit du Canard, ait posé problème dans ce contexte. Fidèle à son humour, Sauger refusa toute distinction pour ses actes, rejetant même la Légion d’honneur.
Après la guerre, Sauger dirigea le service politique de Franc-Tireur avant de devenir rédacteur en chef de Libération. En 1944, il rejoignit Le Canard aux côtés de figures comme Bénard et Tréno. Il y demeura jusqu’à sa mort, écrivant des articles politiques, des critiques de théâtre et des chroniques hippiques sous le pseudonyme de Bicard junior.
Ribaud met en lumière son rôle d’administrateur du journal, une fonction qu’il assuma avec sérieux et bienveillance malgré son caractère ingrat. Toujours de bon conseil, il était apprécié pour sa courtoisie et sa générosité. Il était aussi célèbre pour ses entrées en fanfare dans la salle de rédaction, saluant l’imprimerie d’un retentissant : « Bonjour, Messieurs ! »
Ribaud conclut sur la figure chaleureuse et bienveillante de Sauger, adressant ses pensées à Annette, son épouse, et rappelant que toute l’équipe du Canard partage leur peine. Ses obsèques, conformément à ses vœux, devaient se dérouler dans la plus stricte intimité.
Cet hommage poignant met en lumière la personnalité et la carrière d’un homme qui a profondément marqué Le Canard enchaîné par sa plume, son esprit et son humanité.